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Wonder Lisieux
Au 11 rue d’Orival à Lisieux, nous pouvons trouver un imposant bâtiment en briques rouges orné de tuiles et de verrières.
Ce bâtiment, visible de la gare, s'implante dans un paysage urbain.
Aujourd’hui réhabilité en tribunal judiciaire, c’est pourtant un des vestiges de l’industrie calvadosienne et lexovienne dont il semble pertinent de retracer l’histoire.
Cet édifice est construit en 1860 par un ingénieur de Rouen nommé Burel. La “filature d’Orival” de Jean Lambert-Fournet abrite près de 300 métiers à tisser et une machine à vapeur pour ne plus dépendre du débit réduit de la rivière en été. La filature d’Orival devient donc le premier établissement mécanique du Pays d’Auge et une des plus grandes manufactures de lin et de laine française.
Jean Lambert-Fournet est dans le commerce de froc depuis ses 15 ans et contribue très largement au développement industriel de la région, il devient par la suite conseiller municipal et maire de la ville de Lisieux (1847). Aujourd’hui, on peut encore trouver son nom dans la toponymie de Lisieux.
Après des agrandissements faisant suite à un incendie survenu en 1861, Jean Lambert-Fournet vend son usine.
Filature d'Orival
Avant Wonder

Atelier Mommers
En 1905, Jean et Chrétien Mommers achètent l’usine en complément de leur atelier de fabrication textile se trouvant rue Rose Harel à Lisieux.
L’usine continue de se développer jusqu’en 1954.

L'aventure Wonder
Installation
En 1962, c’est l’entreprise Wonder qui s’installe dans le bâtiment de l’ancienne filature.
Cette dernière est une entreprise de piles française créée en 1914 par trois frères et sœurs, Victor, Jacques et Estelle d’une famille originaire de Saint-Ouen : la famille Courtecuisse.
Lors de la Première Guerre mondiale, l’entreprise Wonder fournit l’armée française et britannique pour répondre à une demande accrue de piles électriques salines (notamment les BA9).
Dans les années 1960 avec l’augmentation de la demande de piles, notamment avec l’apparition du transistor, les Courtecuisse décident d’ouvrir de nouvelles usines, dont une à Lisieux dans les anciens locaux Mommers.

Plaque publicitaire Wonder © Claude TRUONG-NGOC

Trente Glorieuses et premières difficultés
En 1966, Wonder détient environ 37% du marché des piles, l’entreprise se porte donc très bien durant les Trentes Glorieuses. En effet, en 1975, environ 800 personnes sont employées à l’usine Wonder de Lisieux.
Néanmoins, la pile alcaline produite principalement par des marques étrangères compétitives s’impose en France et Wonder n’effectue pas de reconversion.
Ainsi, en 1982, puis en 1984, le groupe connaît une grave crise et met en place un plan social amenant à de nombreux licenciements qui font baisser les effectifs de 25% (498 employés en 1980).

Bernard Tapie
En 1985, l’entreprise Wonder, très en difficulté est donc rachetée par Bernard Tapie, un homme d'affaires.
Pour relancer l’entreprise, ce dernier licencie près de 600 salariés sur ses différents sites, dont 125 sur le site de Lisieux. Malgré un rebond des actions de Wonder, la société n’est pas durable.
Dix mois plus tard, l’activité cesse sur le site industriel de Lisieux laissant donc les 244 salariés restants sans emploi.
36 ANS DE FRICHE
Et aujourd'hui ?
Après 36 ans de conservation à l’état de friche, l’imposant bâtiment toujours visible du quai de la gare à été reconverti en tribunal judiciaire. Il réunit aujourd’hui trois juridictions dans son enceintre : le tribunal de grande instance, le conseil des prud’hommes et le tribunal de commerce.







